Le rabot japonais : c’est quoi et comment ça marche ?

Outre des distinctions esthétiques notables, la fonction particulière des rabots japonais (kanna) par rapport aux rabots occidentaux est que lorsque vous vous en servez vous devez les pousser et non pas les tirer vers vous. On les utilise généralement en position debout avec un plan un peu incliné. Le rabot est le plus souvent utilisé pour créer des surfaces douces sans avoir besoin de papier de verre ou d’huile de finition. 

Un rabot japonais comprend 4 parties principales

  • Le corps : typiquement du chêne blanc ou rouge 
  • La lame : composée de 2 éléments d’acier, pour générer un côté mince, dur et fragile soutenu par de l’acier épais et doux 
  • Le “brise-copeaux” : une 2ème lame qui “casse” les fibres du bois 
  • La goupille de maintien : en abaissant cette goupille la lame et le brise-copeaux restent en position 

Il y a plusieurs types de rabots en fonction des travaux que vous voulez effectuer et des pièces de bois que vous voulez poncer. Ci-dessous, nous vous dévoilons les plus classiques. 

Utiliser un rabot japonais

Les types de rabots japonais : Hira Kanna

Il existe plusieurs sortes de rabots japonais ou hira-kanna qui se ressemblent beaucoup, mais qui présentent des différences mineures en termes de dimensions et de configuration. Leurs utilités ne seront donc pas les mêmes. 

Herashi-kanna : le rabot japonais pour débuter une pièce

Largeur de la lame : 60 mm ou moins.

Il s’agit d’un appareil de rabotage utilisé pour obtenir un rendu très brut. Parfait pour le “gros oeuvre” ou débuter un produit en se débarrassant d’une grande quantité de fibres de bois.

Lors du réglage de ce rabot, veillez à ce que la zone de la semelle située devant la lame soit légèrement plus relevée que celle des autres rabots, ce qui permet à ce rabot de raser toutes les zones du bois que vous travaillez.

Ara-shiko : le deuxième rabot pour dégrossir

Largeur de la lame : 60mm ou 65mm. 

Comme le Herashi-kanna, il s’agit d’un autre rabot de dégrossissage. Cependant, il laissera des copeaux moins épais que le précédent. Son action de dégrossissage sera donc moins puissante.

Il sera parfait pour une utilisation sur un bois brut de sciage venant directement de l’usine. 

Il est à noter que ce rabot ayant une action “grossière”, il laissera une sorte de déchirure ou de trainée dans le bois de temps en temps. Celle-ci pourra être estompée au moyen d’un autre rabot dans la phase suivante de travail de la pièce de bois : l’achèvement.

Chu-shiko : le rabot pour l’étape de lissage

Ce rabot est utilisé pour la phase de lissage. C’est-à-dire, après avoir utilisé l’un des  deux rabots précédents pour le dégrossissage. Il est idéal pour traiter les déchirures ou traînées grossières laissées par l’Ara-shiko.

En outre, les artisans au Japon ont souvent 2 Chu-shiko différents qu’ils passent l’un après l’autre (l’un laissant un bien rendu que l’autre).

Jo-shiko : le rabot pour perfectionner le lissage

Il est utilisé pour la dernière phase du lissage. Ce rabot sera parfait pour obtenir cette surface vitreuse et brillante que recherche l’artisan ébéniste. On se servira donc principalement du Jo-Shiko pour traiter les surfaces qui seront visibles à l’œil nu (par exemple un dessus de meuble ou une belle petite statue de bois).

Une petite astuce technique : pour réaliser des copeaux de l’ordre du micron, la lame doit juste dépasser d’une partie de la semelle. 

Naga-dai-kanna : un rabot spécifique

Le rabot japonais « Jack », avec un corps plus long que sa semelle. Il sera parfait pour les fabricants d’armoires. Ils utilisent ce kanna pour obtenir une surface totalement plane et lisse.

Petite astuce intéressante : il peut être utilisé aussi bien à plat que sur le côté.

Les autres types de rabots japonais

Tachi-ba-kanna : un rabot japonais grattoir

Un rabot japonais grattoir dont la lame est placée à 90 degrés par rapport à la semelle. Grâce à cette disposition, ce rabot a plutôt tendance à “gratter” au lieu de “raser” le bois. Il sera parfait pour raboter les bois extrêmement difficiles mais aussi les semelles des autres rabots.

Notre conseil : raboter en travers ou en angle par rapport au grain pour obtenir un effet et un rendu parfaits. 

Kiwa kanna : le rabot à feuillure

Un rabot japonais « à épaulement » ou « à feuillure ». La lame est inclinée pour s’assurer que le bord de coupe se trouvera bien au niveau de celle-ci. Il conviendra pour raboter et lisser les bords des feuillures du bois. 

Il y a plusieurs sous-types de Kiwa kanna, à vous de choisir celui qui peut vous convenir en fonction du travail que vous avez à effectuer.

Il existe encore de nombreux types de rabots japonais. Si cet univers vous passionne, nous vous conseillons le livre disponible sur Amazon de Toshio Odate : Japanese Woodworking Tools. Il constitue une excellente introduction à l’histoire et à l’évolution du kanna.